5 septembre 2018

Le pollen, un arc-en-ciel de vitalité

par Miels d'Anicet

À l’arrivée du printemps, les enfants ont souvent le réflexe naturel de porter une fleur de pissenlit à leur nez et de se barbouiller par le fait même d’une poussière colorée: le pollen. Ce dernier n’est pas fabriqué par l’abeille, mais plutôt récolté par elle sur les fleurs de son environnement.

Lorsque les abeilles, principalement les jeunes butineuses, se posent sur une fleur, elles se trémoussent de manière à faire tomber les grains microscopiques de pollen sur l’ensemble de leur corps. Une fois recouvertes de pollen, elles s’élèvent au-dessus de la fleur et se brossent méthodiquement à l’aide de leurs pattes, qui agissent comme des peignes. Leurs mouvements sont rapides et exigent une parfaite coordination.

En utilisant du miel qu’elles auront préalablement entreposé dans leur jabot, les abeilles pourront amalgamer les grains de pollen. Elles les ramèneront dans leurs corbeilles (situées sur la face externe de leurs deux pattes arrière), en formant des boules que l’on nomme « pelotes ». De retour à la ruche, elles déposeront les pelotes dans une alvéole, laissant le soin à une jeune abeille de les tasser dans le fond de la cavité jusqu’au moment où cette dernière sera pleine. À ce moment, l’abeille y déposera une fine couche de miel à titre de scellant pour éviter la fermentation.

Récolter le pollen

La récolte du pollen doit avoir lieu au moment où la floraison des fl eurs est importante. Pour ce faire, l’apiculteur place sur le devant des ruches une trappe à pollen. Le principe de cette trappe est assez simple : l’abeille qui rentre à la ruche doit traverser une grille, appelée « peigne à pollen », qui retient les pelotes accrochées sur ses pattes arrière. Les pelotes tombent, au travers d’un tamis, dans un tiroir inaccessible aux abeilles. L’apiculteur fait la tournée des trappes environ tous les deux jours pour récupérer le pollen. Il est important de faire le ramassage fréquemment, car laissé à l’air libre, il moisit très rapidement.

 

Une fois le pollen récolté, il doit être trié dans un tamis pour être nettoyé de ses impuretés. On peut ensuite conserver le pollen frais (cru), au congélateur ou, sous sa forme déshydratée, au réfrigérateur. Il faut cependant savoir que le processus de déshydratation diminue les propriétés nutritives inhérentes au pollen frais, si ce séchage n’est pas effectué rigoureusement. La récolte du pollen doit être faite avec parcimonie puisqu’il est indispensable à la ruche qui en consomme de 35 à 40 kg (de 77 à 88 lb) par an. Sans pollen, l’abeille serait privée de son unique source de protéines, ce qui aurait des répercussions négatives importantes sur son alimentation de même que sur la croissance des larves. L’apiculteur doit s’assurer de laisser à la ruche son énergie vitale et travailler dans un grand respect de la santé de ses abeilles.

Usages et vertus

Depuis de nombreux siècles, les apiculteurs sont conscients de l’importance du pollen dans l’alimentation des abeilles : il leur donne leur vitalité ! Ce n’est que depuis le milieu du XXe siècle que des recherches en ont démontré les bienfaits pour la santé de l’humain. Grâce à la richesse de sa composition (protéines, acides aminés, vitamines, sucres), le pollen est un aliment énergétique, nutritif, tonifiant et revitalisant, qui améliore le bien-être général. Ce fortifiant naturel permet de regagner de l’énergie en période de surmenage physique.

Sa haute teneur protéinique (100 g [3 ½ oz] de pollen procurent la même quantité de protéines que 7 oeufs) fait du pollen un produit naturel conseillé dans les états d’amaigrissement ou de carence. C’est également un véritable régulateur de l’intestin, aussi efficace contre la diarrhée que contre la constipation. Il permet enfin de contrer les effets du vieillissement, et même l’impuissance, selon certains. Toutefois, pour bénéficier des propriétés du pollen, il faut que sa qualité soit élevée, c’est-à-dire qu’il soit d’origine polyflorale et qu’il ait été soigneusement récolté.

Cure de pollen

Le pollen peut être consommé, à raison de ½ à 1 c. à café par jour, sur une base annuelle ou en cure sur une période définie. On peut le manger seul, le mélanger à un jus ou à du yogourt.

Fermer