1er juin 2018

L’abeille, la pollinisatrice de notre assiette

par Miels d'Anicet

© Mathieu Dupuis

L’apiculture, un soutien à la pollinisation des cultures

Les abeilles, dont il existe 20 000 espèces dans le monde, sont aujourd’hui insuffisantes en nombre pour accomplir naturellement le travail de pollinisation. Apis mellifera, l’abeille à miel domestiquée par l’homme, est dorénavant sollicitée pour polliniser un très grand nombre de fruits et de légumes que nous consommons. Devenue un « outil de travail », sa contribution est une composante essentielle du modèle agricole actuel.

Mandatés par les agriculteurs pour assurer la pollinisation de leurs cultures, les apiculteurs louent et déplacent chaque année des centaines de milliers de ruches dans les champs au moment de la floraison. Dans les jardins maraîchers, les courgettes, les aubergines, les melons, les fraises et les courges bénéficient des allées et venues des abeilles. Dans les vergers, dans les tourbières, sur les arbres, ce sont les bleuets, les pommes, les canneberges, les poires, les amandes, les oranges, les avocats, le café et le cacao qui dépendent directement de la pollinisation.

 

Une pollinisation adéquate permet aussi d’assurer l’amélioration des rendements agricoles, de maximiser le potentiel gustatif des aliments, de même que leur durée de conservation et leur aspect. Enfin, la viande destinée à la consommation humaine bénéficie indirectement de la pollinisation, car les cultures fourragères qui nourrissent le bétail, principalement la luzerne et le trèfle, sont également pollinisées par les abeilles. Étant donné leur rôle majeur dans la pollinisation, l’éventuelle disparition des abeilles entraînerait des changements significatifs dans la couleur de nos assiettes.

Au coeur des cultures, l’envers de la médaille

Si l’utilisation des ruches en milieu agricole est devenue indispensable, il n’en reste pas moins qu’elle est loin d’être sans conséquence sur la santé des abeilles. L’importance que prend cette pratique a un impact direct sur le stress subi par les abeilles, puisqu’elle est la manipulation apicole la plus éprouvante pour les colonies. D’abord chargées sur des camions, les abeilles doivent voyager pendant de longues heures, et souvent par grande chaleur, pour être ensuite déposées au centre d’une culture immense et qui ne leur offrira qu’une seule et unique source de nourriture ; ce désert alimentaire leur impose une alimentation trop pauvre par rapport à leurs besoins réels. Les vastes étendues de monocultures n’offrent, par moment, aux abeilles que quelques gouttes de nectar, en plus d’être souvent chargées de pesticides.

La pollinisation en chiffres

Actuellement, en Amérique du Nord, une importante portion des revenus des apiculteurs provient de la location de ruches ; d’ailleurs, on évalue maintenant la pollinisation en termes économiques. Au total, on estime à plus de 15 milliards de dollars la contribution annuelle des abeilles à la production agricole des États-Unis, alors que la valeur économique mondiale de la pollinisation vaudrait entre 200 et 300 milliards de dollars. Au Québec, les services de pollinisation représentent près de 3,4 millions de dollars de revenus et comptent pour à peu près 25 % des revenus des apiculteurs.

© Mathieu Dupuis
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